Tout régime antiobésique doit être accompagné d'une précaution que j'avais oubliée, et par laquelle j'aurai du commencer : elle consiste à porter jour et nuit une ceinture qui contienne le ventre, en le serrant modérément.
Pour en bien sentir la nécessité, il faut considérer que la colonne vertébrale, qui forme une des parois de la caisse intestinale, est ferme et inflexible : d'ou il suit que tout l'excédant de poids que les intestins acquièrent, au moment ou l'obésité les fait dévier de la ligne verticale, s'appuie sur les diverses enveloppes qui composent la peau du ventre, et celles-ci, pouvant se distendre presque indéfiniment, pourraient bien n'avoir pas assez de ressort pour se retraire quand cet effort dimimue, si on ne leur donnait pas un aide mécanique qui, ayant son point d'appui sur la colonne dorsale elle-même, devint son antagoniste et rétablit l'équilibre.
Ainsi, cette ceinture produit le double effet d'empêcher le ventre de céder ultérieurement au poids actuel des intestins, et de lui donner la force nécessaire pour se rétrécir quand ce poids diminue. On ne doit jamais la quitter ; autrement le bien produit pendant le jour serait détruit par l'abandon de la nuit: mais elle est peu gênante, et on s'y accoutume bien vite.
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